Comment détruire sa réputation en une nuit

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Depuis le premier jour que j’ai rencontré le groupe avec lequel j’allais voyager pendant 75 jours du Kenya à l’Afrique du Sud, je croyais avoir fait mes preuves en tant que naturaliste. Mon guide Ishi travaillait pour la première fois en tant que guide officiel.

Il avait fait une bonne partie du voyage en tant qu’apprenti. Dans le groupe, il y avait une jeune irlandaise de moins de 30 ans qui malheureusement n’avait aucun intérêt pour la faune; elle avait même peur des oiseaux!

Lorsqu’Ishi avait fini de présenter le camion dans lequel nous allions voyager et expliquer les règles de base, il a déclaré que toutes les questions sur la faune devaient m’être adressées. J’étais enchantée.

Et il en était ainsi durant tout le voyage : j’ai passé les six prochaines semaines à répondre aux questions, à identifier des oiseaux, à débarrasser les tentes de serpents, et plus.

Mes amis m’ont fait beaucoup de blagues, par exemple, ils me demandaient quel était l’oiseau qu’on voyait souvent, appelé le Marabout d’Afrique, une espèce d’échassiers. Et je répondais toujours, jusqu’à ce que je me suis rendue compte qu’ils faisaient tous exprès et qu’ils savaient très bien de quel oiseau il s’agissait.

Pendant les safaris, je m’asseyais à côté des guides, pour pouvoir leur poser des questions et leur montrer des petits oiseaux afin qu’ils m’aident à les identifier. Quand à mes compagnons de voyages, ils n’avaient d’yeux que pour les grands animaux connus, mais ils faisaient preuve de beaucoup de patience et ne s’énervaient pas alors qu’on s’arrêtait des milliers de fois parce qu’il y avait un petit oiseau ou une plante que je voulais voir.

Je partageais ma tente avec une Australienne, Kaz, avec qui je m’étais liée d’amitié.

Le seul problème était qu’elle faisait des cauchemars certaines nuits et elle parlait et criait durant son sommeil. Cette habitude me faisait vraiment peur, au point où j’ai dû changer de partenaire. Elle criait tellement fort que je pensais que quelqu’un l’attaquait et j’avais à chaque fois l’impression de faire une crise cardiaque! Nous sommes tout de même restées amies, bien sûr, mais à distance la nuit!

Une nuit, nous étions en train de camper au bord du lac Naivasha, au Kenya. Il y avait beaucoup d’hippopotames proches, mais ils étaient considérés comme dangereux, une barrière électrique avait été installé entre le lac et le campement. De nuit, nous allions voir les hippopotames manger au bord du la sans aucun danger, car ces derniers connaissaient le danger des chocs électriques.

Nous sommes ensuite allés dormir l’esprit tranquille. Après minuit, nous avons senti quelque chose frôler la tente et nous nous sommes réveillées. Nous avons prêté l’oreille pendant un moment, puis nous sommes reparties dormir. Après un bon moment, nous avons senti un grand animal frôler la tente, des pas et des bruits!

Mon amie et moi avons crié, apeurées… elle a même appelée à l’aide. Nous avons ouvert la porte de la tente pour voir ce qui se passait. Le chauffeur, Dave, qui dormait dans une cabine dans le camion s’est précipité vers nous, mais n’a rien vu. Nous sommes restées un moment à parler avec Dave.

Nous avons ensuite entendu des chiens aboyer dans la nuit… l’animal s’était dirigé dans cette direction. Dave est reparti dormi et Kaz et moi sommes restées éveillées à discuter avec les gars du groupe qui étaient revenus du bar.

J’ai essayé de leur expliquer ce qui s’était passé, expliquant qu’il s’agissait d’un grand animal, et que si nous étions en Amérique du Nord, j’aurais dit qu’il s’agissait d’un ours et qu’il ne fallait pas s’en approcher.

Ils ont ainsi pris peur et nous avons tous décidé de nous accompagner à la salle de bain et à nos tentes. Nous nous sommes finalement installées et finalement, la nuit s’est terminée.

J’ai beaucoup réfléchi, me demandant quel pouvait bien être cet animal, révisant mentalement mon guide des mammifères, tenant compte de la zone dans laquelle nous nous trouvions, la taille et le comportement de l’animal… le lendemain, j’ai aperçu des cochons domestiques qui passaient par là, et j’en suis venue à la conclusion que l’animal mystérieux devait être un des cochons.

Dave pensait que c’était plutôt un coup des autres gars du groupe. Kaz et moi n’étions vraiment pas d’accord, nous connaissions bien les animaux et que le coupable était un cochon.

Kaz est bénévole pour le sauvetage de kangourous et d’autres animaux de la faune australienne, et elle voulait vraiment en apprendre plus sur la faune africaine. Nous avons repris notre route et tout le monde nous demandait qu’est-ce qui s’était passé cette fameuse nuit.

Le jour suivant, alors que nous étions en route, un des gars du groupe qui était revenu du bar cette nuit-là m’a appelée de l’autre bout du camion. Étant donné que les sièges étaient tournés vers l’intérieur, nous pouvions tous nous voir tout le temps. Parfois, nous jouions à des jeux-questionnaires et nous changions de place.

Aussi, il nous arrivait de jouer de la musique ou regarder par la fenêtre. Étant donné que le voyage s’étalait sur 15 000 kilomètres (9320 milles environs), le camion était comme une deuxième maison.

Bref, il me dit : « Helena, ce bruit te rappelle quoi donc? », et il s’est mis à imiter l’animal qui nous avait apparemment attaquées! Mon cerveau a pris quelques minutes pour saisir ce qu’il venait de se passer, pendant ce temps, les autres gars du groupe étaient morts de rire!

Ils avaient concocté leur plan quand ils revenaient du bar, et nous sommes fait complètement avoir! Dave avait raison en fin de compte, et il nous a reproché notre tort quelques fois pendant le voyage. Ils se sont même cachés dans les toilettes pour rigoler alors qu’on parlait avec Dave.

Notre guide Ishi était au courant, étant donné qu’ils lui avaient tout révélé le lendemain de peur qu’il aille se plaindre auprès des propriétaires pour nous avoir mis dans une situation dangereuse. Kaz et moi n’en croyions pas nos oreilles et avons juré de prendre notre revanche (non réussie).

Et c’est là que j’ai dit adieu à ma réputation… depuis ce jour ils m’accusent d’avoir été trop naïve en disant à tout le monde que je m’y connaissais en animaux et en disant qu’il s’agissait d’un ours!

Maintenant, le chauffeur ne me croyait plus quand je disais que j’avais vu un animal en particulier, à moins que je ne lui aie montré une photo…et quelqu’un a eu le culot de laisser un livre dans ma tente, ouvert une page indiquant quoi faire en cas d’attaque d’un ours!

Nous avons tellement ri à chaque fois que nous nous rappelions cette fameuse histoire.

Et pour moi, il s’agissait d’une première d’avoir réellement peur d’un animal en Afrique, sauf qu’en fait il n’en était pas un.

Auteure: Helena Aroyo

Amelie Delobel

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